VIDÉO Nº 1: "CAN I ASK YOU A QUESTION IN ... ?"
Contexte
Sébastien Chabal, joueur de rugby français très célèbre, refuse qu'un journaliste anglophone lui pose une question en anglais. Chabal a un physique très imposant. Il est très grand et ressemble un peu à un homme des cavernes (a caveman) avec sa barbe et ses très longs cheveux. Il fait un peu peur aux journalistes et à ses adversaires... Notez qu'il répond quand même en anglais au journaliste et qu'il quitte l'interview en disant, (en français ou en anglais?) "OK!" qui est un terme anglais très très utilisé en français au lieu de "d'accord"...
VIDÉO Nº 2: "OK! MONSIEUR LE PRÉSIDENT."
Contexte
François Mitterand, président de 1981 à 1995, n'accepte pas qu'une personne de la technique utilise systématiquement le terme "OK." Il a l'air particulièrement agacé (annoyed). Un moment très rare et très drôle de la télévision française...
Transcription
Tout le monde dit "OK" sauf François Mitterand...
**OK, monsieur le Président, c'est quand vous voulez!
**OK? Non... Pourquoi OK? Ça fait plusieurs fois que je vous le fais observer... Alors, pourquoi OK?
**Parce que j'ai tort...
VIDÉO Nº 3: "QUAND ON EST FRANÇAIS, JEUNES GENS, ON CHANTE EN FRANÇAIS..."
Contexte
- Il s'agit d'un clip-vidéo fait par Quentin Dupieux pour un artiste important de la musique électronique française et internationale qui s'appelle Laurent Garnier.
- La chanson ou le morceau (track) s'appelle "FlashBack" et comme Garnier l'explique au début de la vidéo, il a choisi ce titre:
"Flash car je l'ai écrit un soir de rage et Back (rather Bac in French, reference to the baccalauréat--high school diploma and exam) parce que je trouve que les études, c'est vachement (vraiment) bien!"
- La vidéo est mal traduite au début ("Bac" is translated as "Back" in the subtitles) peut-être pour se moquer du fait que les télévisions américaines ou anglaises (MTV par exemple) ne peuvent pas correctement traduire les paroles en français. Alors, pourquoi ne pas chanter en anglais? Cela semble être le message de cette étrange vidéo...
Transcription
**Bonsoir ! Bonsoir…! On va vous jouer un petit morceau (a little track) qui s’appelle « Flashback.» « Flash » parce que je l’ai écrit un soir de rage. « Back » parce que j’trouve que les études, c’est quand même vachement bien.
**Si vous avez
envie de danser ou même de vous déshabiller, c’est pas un problème pour nous,
quoi !
Bon, t’es prêt,
là ?
**Ouais, c’est
quand tu veux !
MUSIQUE
**Ça va pas du
tout, là !
**Mais
quoi ?
**Y a un petit
problème, je vous explique. Vous êtes français ?
**Ben,
ouais !
**Alors, (il ne) faut pas
chanter en Anglais. C’est pas possible. Si vous continuez, moi, je peux
interdire (ban) votre petit vidéo clip à la télé française.
**Ben, c’est pas
cool ça !
**Ben non, c’est
pas cool ! Mais quand on est Français, jeunes gens, on chante en français.
Je vous aurais prévenu (I would have warned you).
MUSIQUE
**Mais, à chaque
fois tu casses la guitare trop tôt. On a répété pourtant (however we rehearsed!)! Moi, je
casse la caisse claire (the snare drum) avec ma tête en premier et toi, juste
après, tu casses la guitare. C’est pas compliqué quand même !
**Ben, je me suis
emporté (I got carried away), c’est à cause d’hier, j’ai bu une bière,
quoi !
**Ouais, mais c’est
pas du sérieux, ça !
HISTORIQUE DE LA LUTTE CONTRE LE FRANGLAIS
1. Les années 60
- L'époque YÉ-YÉ (car les Français ne pouvaient comprendre que "yeah! yeah!" dans les chansons américaines et anglaises) correspond à une forte américanisation de la société française.
- De nouveaux termes sont utilisés par la jeune génération: rock'n roll, t-shirt, star, rockstar, twist, music-hall, star system, relax, etc...
- En réaction à cette vague d'anglicismes entendus à la radio (et un peu à la télé) et dans la rue, René Etiemble publie en 1964 un livre intitulé: "Parlez-vous franglais?" C'est la première fois que le terme "franglais" est utilisé.
- Mais le "combat" contre le franglais reste encore très symbolique et le livre d'Etiemble n'a pas beaucoup de succès.
2. Les années 80 et 90
- Une nouvelle vague de culture américaine arrive en France pendant les années 80: il s'agit de la culture hip hop qui va influencer beaucoup de jeunes français.
- Une émission emblématique de ces années-là est "H.I.P. H.O.P." présentée par un certain Sidney pendant l'année 1984. Sidney était originaire du Bronx et avait gardé un accent américain, très exotique pour la jeune génération de l'époque.
- Avec Sidney, c'est la première fois qu'il y a un présentateur noir à la télé française... L'originalité de l'émission est que Sidney rappe en français pendant l'intégralité de l'émission mais il utilise aussi beaucoup, beaucoup de formules américaines.
Regardez cet extrait de "H.I.P. H.O.P." bien choisi pour illustrer la présence massive de formules et termes anglais à la télé française de cette époque (1984 exactement).
- Afin de lutter contre les anglicismes à la radio et télévision françaises, mais aussi dans la société en général, la loi Toubon est votée en 1994 (exactement 10 ans après l'émission de Sidney) pour "assurer la primauté de l'usage des termes francophones traditionnels face aux anglicismes."
- En général la loi surnommée "AllGood" (Toubon > "Tout bon" en anglais) sanctionne l'utilisation trop importante d'anglais à la télé, à la radio, dans les publicités (ou alors avec une traduction en français) et même dans les entreprises.
- L'Académie française est chargée de trouver ou d'accepter de nouveaux termes et de publier leur définition au Journal officiel. L'emploi des termes indiqués devient alors obligatoire dans tous les services publics.
- Jacques Toubon, ministre de la Culture de 1993 à 1995, a même proposé le terme "vacancelle" pour remplacer "week-end"...
3. Le franglais aujourd'hui
- En fait, les anglicismes représentent seulement 2,5% du vocabulaire courant qui comprend 60.000 mots, mais les termes anglophones sont particulièrement utilisés dans des domaines spécialisés comme les médias, l'informatique et les nouvelles technologies. Ces termes ont donc tendance à être plus visibles et semblent donc plus présents dans la société.
- Des exemples de termes anglophones qui n'ont pas d'équivalent francophone: buzz, talk-show, story-telling, teaser, popcorn, DJ, bluff, gloss, business plan, leadership, coaching, upload>uploader comme un verbe, zoom, coming-out, speed dating, playlist, follower, chat...
- On peut noter trois types d'utilisation de l'anglais aujourd'hui en France:
1) des mots inévitables (unavoidable): week-end, foot (soccer), fan, parking...
2) des mots remplaçables: prime time (heures de grandes écoutes), software (logiciel), news (nouvelles)...
